Une vague n'a de signification qu'à travers une compréhension implicite du mouvement, d'une force informe et d'un centre de conflit dont l'énergie se situe sous la surface. Au-dessus, l'agitation ; en dessous, cet espace d'immobilité, de suspension, d'apesanteur et de silence. Cette notion de la vague est une métaphore qui permet de visualiser les forces complexes qui agissent sur le champ visuel et influencent notre compréhension de la matérialité. Ce corpus de travail situe l'individu comme un corps fluide, engagé dans de complexes et multiples échanges de sens, d'images, de symboles créant un dialogue, fruit d'un langage dont les mots (les images) n'ont comme définition que les références propres à chacun.
Ce réseau d'images dont les significations s'entrecroisent enclenche une activité viscérale dont une participation active plutôt que passive est essentielle. Le corps devient alors un espace liminal, un territoire de passage entre intérieur et extérieur.
Par échange de symboles, j'ai essayé d'exprimer certains moments transitoires et éphémères où le travail médite sur une tension dans laquelle la présence d'une certaine matérialité, renfermée dans un mouvement arrêté, est sur le point de s'effondrer. La vague, fragile et puissante, mouvementée mais calme, bruyante mais silencieuse, est à la fois phénomène et entité. La vague trouve étrangement poésie et sens dans l'unité de ses paradoxes.
*Cette installation contient 27 photograhies de différents formats.